(Sources : frey-roger.ifrance.com , "Le patrimoine des communes des Côtes d'Armor, Service Documentation et Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Saint-Brieuc, Office du Tourisme de la Baie de Saint-Brieuc)
La cathédrale Saint-Etienne (XI–XIXème siècle), située Place du Général-de-Gaulle, appartient à plusieurs époques. Elle est dédiée à Saint-Etienne, premier martyr de la chrétienté.
Une nouvelle église de style normand est construite vers 1180 à l'initiative de l'évêque Geffroy de Hénon. Elle accueille en 1210 une partie des reliques de saint Brieuc, qui avaient été mises à l'abri à Angers pendant les invasions normandes.
La façade ouest est édifiée de 1220 à 1228 sous l'épiscopat de Guillaume Pinchon, qui sera canonisé en 1247 sous le nom de Saint-Guillaume.
La cathédrale connaîtra bien des avatars au cours du XIVe siècle pendant les guerres de succession qui frappent la Bretagne.
Sa remise en état et son extension s'étalent tout le long du XVème. C'est une époque de paix et de prospérité. Jean Prégent embellit la cathédrale dans un style plus moderne, le gothique flamboyant.
La cathédrale et la ville sont à nouveau pillées pendant les guerres religieuses de la Ligue (1589-1598) et il faudra tout le XVIIeme siècle, siècle de ferveur et de renouveau de la foi pour que l'on puisse reconstruite son mobilier et la chaire en bois de la nef.
La période révolutionnaire, la dégénérescence des conflits entre républicains et royalistes portera des coups très rudes à la cathédrale. En 1802, elle est tellement délabrée qu'il sera question un moment de l'abandonner. Il faudra tout le XIXe siècle pour la restaurer et lui redonner sa vocation.
Les derniers gros travaux ont été entrepris par les Beaux Arts en 1954 avec le souci de mettre en valeur les parties les plus anciennes . Ces travaux ont réussi à redonner à ce bâtiment son équilibre et son harmonie d'origine.

Le visiteur qui entre dans la cathédrale s'attardera sur le bassin des fonts baptismaux (XVe), le retable-autel de l'Annonciation dans la chapelle du Saint Sacrement XVIIIe siècle chef d'œuvre d'Yves Corlay , la rosace flamboyante du transept sud qu'il faut voir à l'heure de midi quand le soleil est à son zénith, le tombeau de saint Guillaume, le chœur avec ses vitraux modernes et sa statue de bois de Saint-Etienne (Yves Corlay), sans oublier le grand orgue (Cavaillé-Coll), récemment restauré, au fond de la nef devant la rosace de la façade.
Le buffet d'orgues, belle menuiserie Renaissance avec des panneaux datant de 1540, vaut également le détour.
L'église Saint-Michel (1837-1841) est l'œuvre de l'architecte Lorin (1781-1846). L'église est bénie le 25 octobre 1841 et consacrée le 25 juillet 1875.
Durant l'occupation allemande, un poste émetteur clandestin est installé derrière l'orgue par l'abbé Fleury, martyr de la Résistance en 1944. La chaire est l'œuvre d'Yves Corlay.
Les peintures sur toile marouflée sont de Donguy et sont réalisées entre 1859 et 1874. Les statues de Saint Michel et de saint Jean-Baptiste ont été créées par Pierre Marie François Ogé.
Cette église remplace une ancienne chapelle du XIIIème siècle, reconstruite en 1470 et utilisée jusqu'en 1835. En 1839, l'ancienne église et son cimetière ont été détruits.
La Chapelle Notre-Dame de la Fontaine (1838), située rue Ruffelet est édifiée à l’emplacement du premier lieu de culte fondé par le moine Brieuc vers 580. L'édifice est reconstruit en 1407 par la duchesse de Penthièvre, Marguerite Clisson.
La chapelle est démolie en 1799, puis reconstruite en 1838 par Julie Bagot (1785-1864), fondatrice de l'orphelinat de la Sainte-Famille. La chapelle est aménagée et décorée en 1893 par Monseigneur Fallières (1834-1906). Le maître-autel est l'oeuvre de l'architecte Alphonse Guépin fils et date de 1893. Le vitrail du chevet est l'oeuvre du maître-verrier Vermonet-Pomery et date de 1893.
La chapelle abrite les statues en calcaire de Saint Brieuc (1896) et de Saint Tugdual (1896), toutes les deux sculptées par Elie Le Goff.
La Chapelle Saint-Guillaume (1852-1856) était dénommée initialement Notre-Dame-de-la-Porte, elle avait déjà été reconstruite, par l'évêque Prégent, au XVème siècle sous le nom de chapelle du Saint Sacrement. La chapelle est successivement dédiée à Sainte Anne et à Saint André au cours du XVIème siècle.
Durant la Révolution, l'édifice sert de remise à foin et de prison.
La chapelle est reconstruite à partir de 1852, puis ouverte au culte le
30 avril 1859. La chapelle abrite les statues de Saint Augustin et Saint François de Sales, oeuvres du sculpteur Yves Corlay. Les tableaux de Saint Brieuc et Saint Guillaume sont l'œuvre du peintre Joseph René Gouézou et datent de 1876.
La tour de Cesson (XIVème siècle) a édifiée vers 1395 sur ordre du duc de Bretagne Jean IV de Montfort pour contrôler Saint-Brieuc et dont la garde avait été confiée aux frères de Montboucher. Cesson est alors la résidence du duc Jean V lors de ses nombreux passages à Saint-Brieuc. Le donjon actuel est bâti sur l'emplacement d'un castrum romain.
La tour a été occupée par Olivier de Clisson, car le duc Jean IV la réclamait au connétable, à la suite du traité de 1388. Elle fait partie du domaine ducal en 1423, lorsqu'elle sert de prison à Morice de Ploësquellec, et du domaine royal, au XVIème siècle (vers 1532), quand un édit réunit les juridictions de Cesson et de Goëlo pour les transférer à Saint-Brieuc.
Dès que la guerre de la Ligue commence en Bretagne, du fait de son positionnement, la tour de Cesson prend une grande importance stratégique. Elle finira par être prise en 1598 par le comte de Brissac, qui ordonne le démantèlement de la forteresse à la demande des habitants. Une partie est conservée pour servir d'amer aux navigateurs à partir de 1625.
Avant la Révolution, la tour de Cesson, bâtie sur un terrain nommé la Terre du Duc, appartient au duc de Penthièvre. Vendue en 1791, elle est rachetée en 1852 par Alexandre Olivier Glais-Bizoin (1800-1877). Les ruines de la tour de Cesson sont classées monument historique depuis 1926.
Le théâtre municipal situé Place de la Résistance est l'œuvre de l'architecte Alexandre Angier et du sculpteur Paul Guibé. L'édifice actuel a été construit en remplacement de l'ancien théâtre situé jadis dans l'hôtel de Ville et incendié en 1875. A noter, qu'avant la Révolution, la salle de spectacle se trouvait sous l'auditoire royal, puis de 1794 à 1809, le théâtre est installé dans la chapelle du vieux séminaire.
La salle de spectacle est l'œuvre de l'architecte Alexandre Angier, du sculpteur Elie Le Goff et du peintre Lavastre. Inauguré en 1884, la salle est éclairé par un lustre immense et la fresque du plafond représente les quatre muses, la Musique, la Tragédie, la Comédie et la Danse.
Le théâtre a cessé de dépendre administrativement de la Mairie depuis 1970. Il sera préservé, rénové et c'est autour de lui que sera créé en 1982 un centre d'action culturelle au cœur de la ville. Le petit théâtre à l'italienne, inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, cohabite avec une salle moderne, la salle Louis Guilloux d'une capacité de près de 1000 places.
Situé rue Henri Servain, il servira de résidence pour les évêques. En 1663, Mgr Denis de la Barde le reconstruit ,selon le style classique de l'époque. Il sera modifié en 1780 selon les souhaits de Mgr Hugues-François Regnault de Bellescize. Ce volume oblong est remarquable par sa construction.
Le bâtiment d'accueil est entièrement occupé par un escalier de pierre monolithique en colonnes doriques. Classé monument historique en 1970, il accueille désormais les services sociaux de la Ville.
La bibliothèque du centre-ville
Construite au XICe siècle, elle abrite notamment la salle du patrimoine, seule exemple en Bretagne de ces bibliothèques XIXe aux boiseries montant jusqu'au plafond. Elles contient des ouvrages qui datent du XVIIe siècle.
La Maison Le Ribeault
Située 1 place du Lin, cette maison présente des colombages au 1er comme au 2e étage et sont disposés de façon décorative. Elle a été classée monument historique en 1930.
Le Manoir Saint-Esprit
Situé Place Général De Gaulle, il abrite une partie des services du conseil général. Son inscription aux monuments historiques date de 1926.
La maison de la barrière
Située 16 rue de Gouët, cette maison de bois, de brique et de torchis fait la transition entre le XVe et la XVIe avec un pignon et une longère en façade. Elle a été classée monument historique en 1928.
Maison d'armateur
Située 6 rue Houvenagle, sa composition date de la renaissance bretonne avec une façade entièrement en pierres de taille. Elle a été classée monument historique en 1930.
Maisons place du Martray
Situées 15 place du Martray, ces maison possèdent des murs à feu mitoyens. L'une des façades est en pierre de taille, avec des faux mâchicoulis. Elles ont été classées monument historique en 1935.
Hôtel Le Mintier
Situé 2 rue saint-Gouéno, il est aussi appelé "Hôtel de Rohan". Construit entre le XVIe et le XVIIe, il a été également construit sous l'influence de la Renaissance bretonne et sa façade, exceptée la porte, est restée intacte. Elle a été classée monument historique en 1935.
Hôtel du Chapeau Rouge
Situé rue Fardel, on parle de lui comme l'hôtel des ducs de Bretagne, alors qu'en 1572, au moment de sa création, il n'existe plus de duché en Bretagne. La décoration sculptée est entièrement Renaissance. Des hôtes illustres y séjourneront, comme Jacques II Stuart ou Joseph II, l'empereur germanique. Il a été classé monument historique en 1889.